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Exodus 1947

L'histoire fait escale à Port de Bouc

1947. L’Europe est en ruine. Le mouvement d’immigration vers la Palestine des juifs rescapés des camps nazis demeure un combat difficile à cause du veto britannique.
En juillet 1947, un navire chargé de 4500 émigrants juifs est arraisonné par les Anglais au large de Haïfa. Ce navire « Le président Warfield », avait changé de nom en cours de route pour devenir « Exodus 47 », ce qui signifiait « exode d’Europe 1947 ».
Déclarés « illégaux » par les Britanniques, les passagers sont immédiatement ramenés dans les eaux territoriales françaises d’où ils étaient partis, à bord de trois Liberty-ships de la Royal Navy.
Le 29 juillet 1947, au petit matin, ces trois navires se présentent en rade de Port de Bouc. Malgré les menaces d’officiers britanniques nerveux et brutaux, les prisonniers de ces bateaux-cages refusent de débarquer.
À bord, les conditions de vie sont abominables : chaleur étouffante, aucune hygiène, la soif, la faim. La presse marseillaise parle d’« Auschwitz flottant ». Elle sera rapidement relayée par la presse nationale puis internationale.

L’opinion mondiale est interpellée
Ce même jour, à Port de Bouc, des vedettes quittent l’embarcadère de la douane, pour se rendre en rade. À bord, des médecins, des infirmières, des internes de l’Hôtel-dieu et du matériel nécessaire pour un petit dispensaire. D’autres vedettes conduisent des officiels, dont le préfet Collavéry, un représentant du gouvernement, et le consul général de Grande Bretagne, M. Key. René Rieubon, alors jeune maire de Port de Bouc, va découvrir l’horreur : une odeur épouvantable monte des cales ; des hommes, des femmes, des enfants à moitié nus croupissent dans un véritable univers de camp hitlérien. Malgré les contacts avec les autorités françaises, les Anglais demeurent inflexibles : les émigrants de l’Exodus doivent débarquer, de force si nécessaire, sur le sol français. Pendant ce temps, une chaîne de solidarité qui rassemble tous les Port de Boucains de bonne volonté (anciens résistants, pêcheurs, commerçants, syndicats…), permet d’embarquer vivres, médicaments, vêtements, cigarettes, pour soulager ces pauvres gens entassés et ballottés dans les cales de ces navires ancrés en rade.
Quatre semaines plus tard, le 29 août, les trois navires s’éloignent des côtes françaises. Après quelques mois passés dans des camps ouverts par les Nations Unies à Hambourg, la plupart des émigrants de l’Exodus trouveront enfin la Terre Promise, l’État d’Israël ayant été créé en mai 1948. Mais d’autres épreuves restent à venir.
En juillet 2007, sept rescapés de l’Exodus revenaient à Port de Bouc pour retrouver leurs camarades de solidarité, à l’initiative de Jean- Michel Vecchiet, réalisateur du film « Nous étions l’Exodus » et du livre « L’épopée de l’Exodus ».

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