Du pont Langlois au pont Van Gogh
Amarré sur une rive du canal d'Arles à Bouc, le pont Van Gogh suscite des interrogations. Petit détour par le passé.
Pont à tablier mobile
Pour franchir le canal, on construisit entre Arles et Bouc neuf ponts à tabliers mobiles identiques, conçus par des ingénieurs hollandais spécialistes du « plat pays », des polders, des canaux, des écluses et des ponts. Le pont de Bouc était situé à l'extrémité de la dernière écluse du canal. Cette dernière permettait le passage des tartanes à voiles et des péniches rhodaniennes et leur entrée dans les eaux du port.
Le pont à tabliers mobiles en bois était constitué de huit jambes de force, de quatre potences, de balanciers, de chaînes de suspension et de garde-corps. Un pontier ou garde pont était chargé des manoeuvres à effectuer pour abaisser ou relever les tabliers. C'était le seul passage obligé où gens, bêtes, charrettes et marchandises pouvaient traverser d'une berge à l'autre, du quartier du Canal au quartier de la Gafette.
Le pittoresque pont disparut dans les années 1920 pour faire place au pont actuel que nous connaissons.
Van Gogh et le pont Langlois
En février 1888, Vincent Van Gogh, peintre alors peu connu, arrive en Arles. Il découvre la Provence et une luminosité intense qu'il ignorait.
Il peint frénétiquement 200 toiles en quinze mois : portraits intérieurs, vergers, barques et plusieurs fois... un pont-levis. C'est le pont-levis du canal d'Arles à Bouc, appelé le pont de Réginelle au sud d'Arles, identique à celui de Bouc. Il sera immortalisé par quatre tableaux universellement connus et mentionnés dans les catalogues officiels, livres d'art, expositions, sous l'appellation de « Pont Langlois », du nom du pontier arlésien de l'époque.
Deux toiles se trouvent aux Pays-Bas (Amsterdam et Otterloo), une en Allemagne (Cologne), une autre enfin à Paris, dans une collection particulière.
C'est ainsi que le Pont Langlois devint le Pont Van Gogh.














