Retour à la liste
14 JUILLET 2021 / POUR L'ABOLITION DES PRIVILÈGES CONTEMPORAINS

14 JUILLET 2021 / POUR L'ABOLITION DES PRIVILÈGES CONTEMPORAINS

Article publié le

Ce soir le cours Landrivon accueillait le défilé du 14 juillet. Un jolie moment de fraternité. Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont participé à ce défilé, le premier rendu possible depuis la crise sanitaire: La fanfare et les majorettes, les associations patriotiques et leurs porte-drapeaux et toutes les personnes présentes. Entouré de son équipe, Monsieur le maire a voulu rendre hommage à toute celles et ceux qui ont construit la révolution de 1789 pour gagner de nouveaux droits, notamment l'abolition des privilèges. Ci -dessous son allocution.


L'ALLOCUTION DE MONSIEUR LE MAIRE:


Mesdames et Messieurs chers amis
Nous voilà réunis aujourd’hui pour réaffirmer les valeurs de la République, gagnées par la Révolution française pour essayer de rompre avec une réalité ancrée depuis la nuit des temps ; Une réalité bien amère, selon laquelle la naissance conditionne la vie de chacun, et accrédite la maxime de La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront noir ou blanc ».
Oui, l’anniversaire de la prise de la Bastille est le symbole du pouvoir absolu déchu, l’acte fondateur de la démocratie, de la fin des privilèges, de la séparation des églises et de l’État, de la liberté d’associations, de la liberté de la presse, du suffrage universel et de la déclaration universelle des droits de l’Homme.
Enfin, cette déclaration reconnait par la loi que tous les Hommes naissent libres et égaux en droits.
Cette révolution s’est construite au-delà de la Prise de la Bastille, il aura fallu attendre plus de 80 ans, pour que ses intentions s’inscrivent dans le marbre.
Cette révolution, cette prise de conscience populaire, cette espérance nous rappelle qu’à chaque époque, nous avons le devoir de réunir nos consciences pour former une société économiquement et socialement juste et équitable.
Bien qu’exprimé différemment c’est ce que souhaitait le
Tiers-État en prenant d’assaut la Bastille.
Force est de le constater, les intentions d’hier sont invariablement remises en cause par les détenteurs contemporains des privilèges.
Ces mêmes qui, sortis hier par une grande porte, reviennent aujourd’hui par une porte dérobée. On les connait bien.
Ces privilégiés dosent à leur guise le degré d’exploitation d’une classe sur l’autre, mais restent aux commandes.
Ce que réclamait le Tiers-État hier, à travers les cahiers de doléances, fait écho avec les revendications signifiées sur les rond-points ou dans les manifestations.
Avant 1789 le peuple exigeait que les impôts soient plus justes et proportionnels aux revenus, il exigeait que les nobles en paient aussi.
À notre époque contemporaine, les intentions républicaines s’énoncent toujours ainsi. Mais dans les faits, la suppression de l’impôt sur la fortune, les niches fiscales, la tolérance assumée envers l’évasion fiscale, démontrent que l’impôt sur le revenu n’est pas applicable de la même façon selon sa classe sociale.
Insidieusement le système actuel a réintroduit la liberté d’agir, d’étudier, de se nourrir, de se déplacer en fonction de ses richesses et favorisé la construction de dynasties familiales et de lobbies pour reproduire une élite. Dans leur monde il existe ceux qui vivent dans les airs et se déplacent en avion puis ceux qui peinent à acheter une voiture d’occasion, ceux qui ne connaissent que l’école privée et ceux qui défendent les services de l’éducation publique, ceux qui déjeunent dans des restaurants privés et luxueux en période de confinement et ceux qui s’effrayaient à l’idée de manger en famille.
Voyez, aussi l’origine sociale des étudiants des grandes écoles…La proportion des enfants d’ouvriers faiblit à vue d’oeil.
De 1789 à nos jours, les privilèges abolis se comptent sur les doigts de la main. Ils ne l’ont été que très partiellement. Les passe-droits subsistent et les colères montent. C’est légitime. Les injustices se font trop grandes.
Le pamphlétaire Claude Tillier écrivait en 1843 : « Quiconque a semé des privilèges doit recueillir des révolutions » …
Nul ne peut connaître aujourd’hui l’avenir de notre pays, mais une chose est certaine : les gouvernants se succèdent mais les injustices demeurent, les inégalités s’accroissent et, dans une proportion trop importante le peuple se détache de la vie citoyenne. L’abstention bat des records.
Le capitalisme possède les moyens médiatiques pour étouffer des millions de voix en colère, quitte à engendrer des faux prophètes, qui, selon Primo Lévi, « nous transportent par leur simplicité et par leur éclat ».
Ne nous y trompons pas, ces faux prophètes, « utilisent le peuple comme un instrument pour conduire à la victoire de ses propres intérêts » soulignait déjà Rosa Luxembourg dans les années 1900.
La pandémie Covid s’est doublée d’une crise économique et sociale. Les plus fragiles d’entre nous subissent à nouveau la double peine, celle de la maladie et celle de la pauvreté.
Nous n’ignorons pas, par expérience, qu’une crise de cette ampleur est prétexte à un ajout de divisions, d’austérité et de pertes de conquêtes sociales.
La réforme engagée de l’assurance chômage, de la transformation des services publiques, de l’éducation ou encore celle de la retraite en témoignent.
Mais l’espoir se construit aussi. Ces crises peuvent devenir le terreau fertile de nos utopies, de nos imaginations et donc de nos intelligences collectives.
Dans le rassemblement de nos idéaux, ensemble, nous pouvons engager une révolution.
Une chose est certaine, notre 5 éme République est à bout de souffle. Il faut passer à une sixième République qui en finisse avec l’élection d’un monarque républicain.
Citoyenne, raisonnée, par les urnes, par la rue… Il nous appartient d’en déterminer la forme.
Il nous revient d’en raviver le souffle pour gagner une refonte complète de notre société. Une refonte équitable, juste et humaine qui ne soit plus obnubilée par le versement des profits aux actionnaires mais par l’organisation du bien - être de toutes et de tous.
Disons-le clairement, nous voulons une société fraternelle capable de faciliter la transition vers une civilisation où la démocratie, l’égalité, la justice sociale, l’écologie et la coopération détrônent l’appétit financier.
Je vous remercie de votre attention.
Vive la France
Vive la République.