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DISCOURS DE MONSIEUR LE MAIRE - CONSEIL MUNICIPAL DU 09/02/2021

DISCOURS DE MONSIEUR LE MAIRE - CONSEIL MUNICIPAL DU 09/02/2021

Article publié le

Mes chers collègues, 

Mesdames et Messieurs, 

Mesdames et Messieurs les représentants de la presse,


À quelques minutes de commencer notre débat d’orientations budgétaires, je voudrais rappeler quelques éléments essentiels, notamment le contexte dans lequel il se déroule. 

Un contexte, où la tragédie du COVID, met en exergue les contresens d’orientations politiques, qui depuis des décennies détourne la République de ses missions essentielles.

Aujourd’hui, la population dans toutes ses composantes les plus modestes en paie le prix et les communes sont en première ligne pour placer des pansements sur les difficultés éprouvées, à bien des égards, par les habitants.  

Malheureusement ce ne sont que des pansements. Les budgets communaux ne peuvent pallier le choix gouvernemental de réduire nos services publics à portion congrue, ni son engagement économique pour faire fructifier les affaires d’une élite en amputant le pouvoir de vivre de l’immense partie de la population. 

 

Au nom des traités européens, les gouvernements successifs, ont réduits les dépenses publiques. Ça ne date pas d’hier, chez nous à Port de Bouc, ils ont commencé par enlever le Trésor public, supprimer la Police de proximité, puis ils ont accéléré la cadence avec la mutualisation de l’ANPE et des Assedic le tout à Martigues, la mise en sommeil de la Caf, de la Caisse Primaire d’Assurances Maladie, et bien sûr du Commissariat (J’y reviendrai tout à l’heure). Il y a près de vingt ans déjà, Port de Bouc a dû réagir avec la réalisation de la Maison des Services au Publics, afin de permettre au minimum la tenue de permanence. Aujourd’hui, face aux besoins de plus en plus alarmants de notre population et face à la fracture numérique, nos services sont en difficulté pour pallier les désengagements des institutions publiques et assurer la couverture administrative de nos citoyens.  

Au nom de la concurrence non faussée, ils ont privatisé l’énergie et les télécommunications. Au point qu’il faille attendre des années pour que des poteaux électriques soient changés (J’en veux pour preuve le poteau de l’avenue Sémard qui s’est écroulé sous le poids des années et de la pluie, je pourrais également évoquer les boitiers électriques ou téléphoniques qui ne sont jamais remplacé, je pourrais dénoncer la dérive d’Engie, de ses compteurs et de ses tarifs).

Ils ont privatisé la Poste au point que la Commune doive racheter le bâtiment pour s’assurer de la continuité du Service public. 

Ils ont supprimé la taxe professionnelle et surtout celle des grandes multinationales. Jusqu’à faire porter le poids de sa compensation sur nos impôts et nos fins de mois …  Ils ont créé la métropolisation et réduit l’autonomie des communes.

Au nom de la compétitivité, ils ont diminué le coût du travail, autorisé les délocalisations, disloqué le code du travail, normalisé la précarité, affaibli la protection sociale… L’ensemble des droits des travailleurs est complètement désarticulé, quand les licenciements abusifs, les niches fiscales et les exils fiscaux sont consentis, voire encouragés. 

Ce tableau ne révèle que quelques exemples … qui illustrent ce que nous vivons tous et toutes quotidiennement, car je doute que parmi nous, il y ait des gens qui profitent de la crise pour engranger des bénéfices. Puisque comme vous les savez, dans cette période de pandémie les actionnaires des grands groupes affichent l’augmentation de leurs dividendes en prétextant devoir supprimer des emplois.  

 

Avec la pandémie, le fonctionnement du libéralisme révèle plus que jamais ses abîmes et son hypocrisie. 

Personne aujourd’hui n’est dupe de son double-jeu.

Entre les déclarations médiatiques et les coulisses, les brèches vont grandissantes. Pour nous le résultat est dramatique. Je ne reviendrais même pas sur le grotesque entourant les masques, ni sur la cacophonie liée à l’ensemble de la gestion de crise.

Je veux simplement mettre l’accent sur l’état de nos hôpitaux publics. À force de réduire les services, de les dépouiller de lits, de structures médicales en général et d’agents. La France ne peut pas faire face aux vagues successives de la pandémie. Malgré une mobilisation extrême, voire jusqu’au boutiste des personnels. La France a dépensé autant à l’étranger en achat de masques en un an, que sur son territoire pour investir sur la santé en cinq ans. De telles aberrations n’ont plus lieu d’être. 

Idem pour la recherche, où la France n’est plus en mesure de relever le défi de la recherche et doit acheter ses vaccins à l’étranger sans même exiger avec détermination un partage gratuit des licences internationales. Comme je le disais en préambule, à la douleur de la maladie et des décès, les familles doivent ajouter l’éclatement du chômage et de la pauvreté, l’angoisse de toute une jeunesse, la détresse des entreprises de bouche sommées de rester fermées, le désarroi des acteurs de la Culture, du sport et des loisirs considérés comme superflus. Du mépris et de la malveillance dans un quotidien plus qu’angoissant.

 

Oui, la preuve est faite !

À trop jouer avec les allumettes, nos gouvernements successifs, ont fini par mettre le feu. La conjoncture n’a jamais été aussi dangereuse. Et ils demandent aux communes de jouer les sapeurs-pompiers, sans le budget qui va avec. La Ville a dépensé plus de deux cent mille euros dans la gestion directe du Covid et autant dans la gestion induite.

Je rappelle qu’il y a 4 ans le président Macron imputait honteusement notre budget de deux millions d’euros, je rappelle le nombre colossal de dossiers qu’il nous faut monter pour oser espérer avoir des subventions et des dotations qui épaulent nos projets.

 

Alors oui, nous sommes à la croisée des chemins pour débattre aujourd’hui du budget communal. Notre population a des besoins, qu’elle exprime régulièrement. Ils sont légitimes, je les résumerai en deux notions : l’amélioration du cadre et de la qualité de vie dans toutes ses composantes et la consolidation et le développement des services publics, notamment dans les domaines de l’accès aux droits, du parcours scolaire et des missions d’accompagnement. 

Dans ce contexte au budget contraint, ce sont nos axes moteurs. Je parle de croisée des chemins, car notre mobilisation commune sera déterminante pour faire avancer nos projets, car le gouvernement ne pourra pas indéfiniment se détourner de la République et de l’équité territoriale. La preuve avec une première victoire de la fronde des maires pour que les quartiers populaires bénéficient du plan de relance gouvernemental.

Nous sommes 200 maires à avoir écrit au président de la République, et enfin nous avons été entendus. Fin janvier, le premier ministre a annoncé débloquer une enveloppe de 3,3 milliards pour les quartiers fragiles. 1,3 milliards sera financé dans le cadre du plan de relance et 2 milliards dans celui de la rénovation urbaine. En outre 6 millions d’euros seront débloqués pour le recrutement de 300 médiateurs et autant d’éducateurs spécialisés et 500 postes de conseillers Pôle emplois seront créés.

C’est une première étape de victoires qui demande de nouvelles mobilisations. Pour commencer, nous avons décidé de lancer une mobilisation pour obtenir la redynamisation du commissariat de Port de Bouc.

C’est un droit républicain auquel, notre population doit avoir accès et nous revendiquerons ce droit en employant les moyens qu’il faut. De part, mes rencontres, notamment avec le Préfet de police des Bouches du Rhône et le directeur départemental de la Sécurité publique, nous avons obtenu la présence d’effectifs de Police nationale trois nuits par semaine. C’est une avancée majeure et je les remercie de leur investissement sur notre ville et pour nos habitants. Mais il nous faut poursuivre, jusqu’à l’obtention d’une brigade de police nationale au personnel et aux technologies suffisantes pour œuvrer, selon les valeurs de la République, à ses missions de tranquillité publique. Le développement des Services publics doit faire partie du plan de relance au même titre que l’aide aux ménages en difficulté. Il faudra au préalable se rassembler. Les conditions sanitaires ne nous permettent pas d’impulser aujourd’hui des rassemblements à hauteur du nécessaire rapport de force que nous devons instaurer.

Mais que ce soit par des pétitions, par une votation ou par des moyens décidés avec notre population, nous ne comptons rien lâcher.  

Deux maîtres-mots, l’égalité et la fraternité, et comme le disait Antoine de Saint Exupéry : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible ».

Voilà chers collègues, l’esprit qui nous anime et nous motive aujourd’hui, avant d’entamer le débat d’orientation budgétaire qui conduira notre ville.

LAURENT BELSOLA, Maire de Port de Bouc