Histoire

Une ville née après la Révolution Française

Port de Bouc connaît, par intermittence, des regains d'activité, de la Renaissance à la Révolution.
En 1794, Bonaparte visite le fort de Bouc et se montre conscient de son importance stratégique. Devenu empereur, il fera entreprendre divers travaux dont le creusement du canal d'Arles à Bouc.
Un décret impérial du 12 mars 1805 ordonne l'aménagement du port et de la ville mais les plans établis ne seront jamais réalisés, sauf en ce qui concerne l'édification de la jetée, dont la construction débute en 1814.
Le canal ouvert, le trafic portuaire s'intensifie, de nombreuses usines s'implantent, la population s'accroît. L'éloignement du chef-lieu communal crée des difficultés pour les familles de ces quartiers isolés.
À partir de 1847, face à l'expansion du port et celle des hameaux du port de Bouc et de la Lèque, les habitants multiplient les démarches afin de s'affranchir de la tutelle de Fos trop éloignée à leur gré.
En 1850, 933 habitants sont recensés à Fos, ils sont 1066 à Port de bouc.
"Pendant plusieurs années, interventions, rapports, comptes-rendus se multiplient sur ce sujet. Conseil général et Conseil d'arrondissement interviennent auprès du sénateur des Bouches du Rhône. Enfin, le 20 juin 1866, le ministre de l'intérieur de Napoléon III notifie au représentant du département qu'une loi du 13 juin précédent a érigé en commune la section de Port de bouc, distincte des communes de Fos et de Martigues. Le 26 juillet suivant, le premier maire de la nouvelle commune est nommé par arrêté du sénateur du département. Il s'agit d'Isidore Barthélémy", Robert Strozzi, spécialiste de l'histoire de Port de Bouc.

Avec la mer du sud pour unique saison

Le 2 septembre 1866, Port de Bouc est devenue une commune et court son destin. Embrassant la mer, la ville affirme sa vocation industrielle et maritime, elle devient terre marine.
L’art des bateaux, de la transformation des énergies issues de la mer a trouvé son port d’attache.
Nous sommes en 1850 pour le développement du port de commerce, ainsi que des activités industrielles telles que les salins, l’usine à plomb, nous sommes en 1876 pour l’installation de la sécherie de morues Cabissol de la Lèque, nous sommes en 1894 pour l’ouverture de la raffinerie de pétrole « la phocéenne ».
Nous sommes enfin en 1899, à la porte du 20ème siècle, quand les Chantiers et Ateliers de Provence, spécialisés dans la construction navale, s’implantent à Port de Bouc. 
Quelques années plus tard deux usines de produits chimiques, Saint Gobain et Kuhlmann, choisissent elles aussi Port de Bouc.
Durant cette période, la population augmente et se diversifie. Elle acquiert là son statut de ville hospitalière.
En 1966, la ville enregistre 14 000 habitants de mille horizons. Français, espagnols, italiens, grecs...
Port de Bouc est un pays où raisonne la voix des hommes aux chants d’espoir, de vie, de liberté.

1966, une année marquante

Et puis il y a cette première fracture, survenue en 1966, les chantiers navals qui ont forgé l’identité de la cité, dont les rues aujourd’hui encore portent des traces indélébiles, ferment leurs portes. Un événement économique majeur qui déstabilise toute la ville.
2 000 emplois disparaissent emportant avec eux des rêves de bateaux, de navires et d’océan. La fermeture des chantiers demeure une plaie, dont la cicatrice ne se referme pas, tant l’Histoire sait être cruelle.
Dès ce premier choc subi, s’envole avec lui le fol espoir suscité par la création de la zone industrielle de Fos. Nous sommes alors dans les années 70, et toute la région vit dans la perspective du gigantesque complexe industriel de Fos sur Mer. On s’attend à la création de milliers d’emplois, des sidérurgistes lorrains arrivent dans la région, décidés à contribuer au développement promis.
Port de Bouc dispose de réserves foncières, et poussé par les autorités nationales fait face à l’arrivée de 7 500 nouveaux habitants en construisant des infrastructures d’accueil...
Cet espoir là pour la ville, et pour l’ensemble des familles n’aura duré que quelques années, ce n’était qu’un horizon éphémère. La désillusion survient en 1975 avec l’arrêt du développement de la Z.I. de Fos, suivi de près par la crise de la sidérurgie qui frappe aussitôt les unités de Solmer et d’Ugine Acier.
Tant et tant de tempêtes n’ont pas eu raison de Port de Bouc. Traversant les épreuves avec courage la ville s’est entêtée à retrouver un nouvel horizon. L’espoir ici est indéracinable. Ici, les hommes se sont donnés la main, ils ont tant lutté qu’ils ont appris à ne jamais perdre ni le courage, ni l’espoir, ils ont appris à construire de nouveaux printemps. La mer est toujours là, qui coule dans les veines.
Un destin contrarié, et autant de souvenirs de courage et de luttes, Port de Bouc est entré dans le troisième millénaire en développant ses atouts maritimes autour de la thalassothermie et plus largement de toutes les énergies maritimes.